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Apprendre à apprendre, une histoire de métacognition

Par Léa Combette

08/08/2018

Deux personnes semblant coincées sur une île déserte

Apprendre à apprendre est un terme à la mode. A l’heure où tout est disponible sur internet, nous voulons former nos collaborateurs à apprendre par eux même. Toutes les stratégies d’apprentissage ne se valant pas, nous voulons leur donner les clefs pour qu’ils guident eux même leur apprentissage de la manière la plus efficace possible. Et le meilleur allié pour apprendre à apprendre, c’est la métacognition.

« Quand je suis stressé(e) je réfléchis beaucoup trop ». Ce type de réflexion vous a certainement déjà traversé l’esprit et sans vous en rendre compte, vous cogitiez sur vos cogitations. En sciences cognitives, on va parler de métacognition. Un terme qui peut faire peur mais qui cache en réalité un concept beaucoup plus simple que l’on pourrait imaginer : celui de penser sur ses pensées. Dans le domaine des apprentissages, on parle « d’apprendre à apprendre » et vous l’aurez deviné, c’est une compétence essentielle pour vos apprenants. Cette métacognition peut prendre un certain nombre de formes que l’on peut réunir en trois groupes [1] :

  • Les connaissances déclaratives : c’est ce que l’on sait à propos de notre fonctionnement cognitif. Par exemple je sais que j’arrive très bien à apprendre des poèmes mais que j’ai du mal avec les tables de multiplications.
  • Les connaissances procédurales : cette fois, il s’agit de connaître les stratégies ou méthodes à utiliser. Par exemple, je sais que je retiendrais mieux mon nouveau mot de passe si j’utilise un moyen mnémotechnique ou que je vais mieux comprendre un texte compliqué si je ralentis mon rythme de lecture.
  • Les connaissances conditionnelles : il s’agit ici de repérer la situation adéquate pour utiliser ces méthodes. Par exemple je sais que me répéter en boucle mon nouveau numéro de téléphone pendant une minute me permettra de le retenir mais que cela sera inutile pour un contenu beaucoup plus complexe comme le cours sur lequel je vais avoir un examen.
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Apprendre à apprendre, ça sert vraiment ?

A priori, on pourrait penser qu’il est inutile de savoir comment on apprend pour réussir à apprendre. Mais détrompez-vous ! Mieux connaître son fonctionnement cognitif est un des ingrédients essentiels de l’apprentissage durable. Prenons plusieurs exemples.

Pour commencer, des études scientifiques ont observé que les méthode utilisées majoritairement par les étudiants, comme le surlignage et la relecture sont très peu efficaces. Ces préférences entraînent une perte de temps et d’énergie pour ces étudiants alors que d’autres méthodes comme le test fréquent de ses connaissances ou le fait d’espacer ses apprentissages sont bien plus efficaces et tout aussi faciles à mettre en place [2].

Ensuite, réfléchir en permanence à ses apprentissages permet de mieux repérer les éléments importants d’un contenu et d’orienter son attention. Nous traiterons mieux les détails qui demandent un effort plus important comme les mots de vocabulaires techniques ou nouveaux.

Enfin, lorsque les concepts appris devront être utilisés, être à l’aise avec cette gymnastique métacognitive nous offre un répertoire de stratégie plus large pour résoudre un problème qui se pose. Il y a déjà plus de vingt ans, une étude scientifique montrait que les étudiants qui doivent expliquer oralement le cheminement de leurs pensées en faisant une tâche choisissent des stratégies de réponses plus efficaces que ceux qui doivent simplement donner la bonne réponse [3].

Ces trois éléments nous montrent l’importance de la métacognition. En s’intéressant à notre manière d’apprendre, on utilise des méthodes plus efficaces et on oriente notre attention sur les éléments qui en ont le plus besoin ce qui nous permet de travailler plus rapidement et plus efficacement.

Bien que les bienfaits de la métacognition dans le domaine des apprentissages soient connus depuis bien longtemps, nous sommes généralement très peu formés à apprendre. Pourtant, développer une réflexion consciente sur ses apprentissages promet de nombreux bénéfices et peut nous permettre un apprentissage plus actif. Donc la prochaine fois que vous devrez apprendre quelque chose, n’hésitez pas à prendre un peu de recul et à cogiter sur vos méthodes d’apprentissage !

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Sources
  • [1] Schraw, G., Crippen, K. J., & Hartley, K. (2006). Promoting self-regulation in science education: Metacognition as part of a broader perspective on learning. Research in science education, 36(1-2), 111-139.
  • [2] Dunlosky, J. (2013). Strengthening the student toolbox: Study strategies to boost learning. American Educator, 37(3), 12-21.
  • [3] Berardi-Coletta, B., Buyer, L. S., Dominowski, R. L., & Rellinger, E. R. (1995). Metacognition and problem solving: A process-oriented approach. Journal of Experimental Psychology: Learning, Memory, and Cognition, 21(1), 205.
Psychologie cognitive Efficacité pédagogique
Léa Combette Léa est diplômée en sciences cognitives et en médiation scientifique. Elle est très intéressée par le rôle du corps dans la pensée, notamment dans l’apprentissage des mathématiques. Elle est également autrice du podcast Papier Crayon qui croise les savoirs de chercheurs en sciences cognitives et d'enseignants sur des questions d'éducation.

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