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La surcharge mentale, ennemie de l'apprentissage

Par Svetlana Meyer

07/06/2018

En préparant votre cours sur la transition énergétique, vous voulez aborder en même temps les aspects législatifs, sociaux et technologiques : vous rassemblez donc ces trois approches au sein d'un unique schéma récapitulant l'ensemble des éléments à retenir, dans l'espoir que vos apprenants en saisiront toute la richesse. Si votre intention est louable, attention toutefois à ne pas perdre votre public ! En effet, la nécessité d'éviter la surcharge mentale est un des 8 piliers de l'apprentissage extraits de notre dossier exclusif : "Les piliers de l'apprentissage durable".

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La surcharge mentale a lieu lorsqu’un apprenant traite trop d’informations en même temps ou que celles-ci sont trop complexes par rapport à son niveau de connaissance initial.

On sait que lorsqu’un apprenant est en état de surcharge mentale, il a du mal à se représenter les notions à apprendre, garde en mémoire une information partielle ou erronée, et se trouve par là même en grande difficulté au moment de les mobiliser… C'est notamment pourquoi il est essentiel de bien calibrer ses objectifs pédagogiques.

Comprendre et éviter la surcharge 

Si la surcharge mentale nuit à l'apprentissage, c'est notamment parce que le nombre d’informations que notre cerveau peut traiter en même temps est limité. Cette limite est celle de notre mémoire de travail, qui stocke les informations pertinentes de notre environnement en fonction de nos besoins du moment. La mémoire de travail est aussi la porte d’entrée de la mémoire à long terme, qui conserve une trace de nos apprentissages, et nous permet ensuite de les utiliser lors de situations nouvelles.

Si trop d’informations arrivent en même temps, notre mémoire de travail ne parvient plus à accorder à chacune de ces informations l'attention qu'elle mérite ; inévitablement, certaines de ces informations passeront à la trappe. Dans un contexte d’apprentissage, c'est particulièrement problématique : lorsqu'on cherche à comprendre un concept, on a généralement besoin de plusieurs informations pour s’en construire une bonne représentation. Or, se représenter correctement les notions à apprendre a un impact non seulement sur la mémorisation, mais surtout sur la capacité des apprenants à utiliser leurs connaissances lorsqu'ils en auront besoin. Mettre vos apprenants en situation de charge mentale peut donc bloquer le développement de nouvelles compétences.

Ainsi, la façon dont est découpé un contenu d'apprentissage, dans l'espace et le temps, joue un rôle déterminant dans la transmission de compétences. Séquencer le plus finement possible les éléments à transmettre renforce la mémorisation des apprenants, mais surtout leur donne les moyens de mobiliser ces nouveaux éléments dans une situation concrète.

Conseils pratiques pour les enseignants & formateurs

  • Faites avancer vos apprenants petit à petit : un seul pas à la fois, c’est bien suffisant pour apprendre à marcher ! Découpez au maximum les notions et compétences à acquérir.
  • Prenez en compte le niveau initial de vos apprenants : ce que vous prenez pour une seule notion doit sans doute être expliqué en plusieurs temps à vos apprenants novices ! A l’inverse, les plus expérimentés font des liens entre plusieurs notions, qui formeront dans leur mémoire un concept unique.
  • Choisissez le bon moment pour faire des renvois d'une notion à une autre : plus les mises en relation que doit faire l’apprenant sont prématurées, plus le risque de surcharge est important.
  • N'hésitez pas à présenter la même information selon plusieurs modalités : présenter une seule notion à la fois ne veut pas dire se limiter à un seul texte ou à une seule image, au contraire, vos apprenants retiendront mieux si vous variez les formats.

A vous de trouver le juste équilibre !

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Apprentissages Psychologie cognitive Efficacité Pédagogique
Svetlana Meyer Svetlana Meyer est doctorante en sciences cognitives appliquées à l'éducation au Laboratoire de Psychologie et de NeuroCognition. Sa thèse fait partie d'un projet de R&D financé par le ministère de l'Education Nationale et concerne l'utilisation des jeux vidéo pour améliorer l'apprentissage de la lecture. En plus de son activité académique, elle réalise plusieurs missions de conseil dans le domaine de l'application des sciences de l'apprentissage, que ce soit pour l'entreprise ou la formation des enseignants. Elle a rejoint Didask pour prendre en charge la médiation scientifique et la diffusion de nos messages.

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