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S'orienter, ça s'apprend ?

Par Philip Moore

23/05/2018

Ça y est, les premiers résultats de Parcoursup viennent de sortir ! La plateforme a beau changer, l'excitation, l'appréhension, l'angoisse même parfois, sont aussi intenses que jamais.

L'orientation, tout au long de la vie

Qui n'a pas senti ses battements de cœur accélérer, quelques secondes avant de connaître la réponse de l'école de son choix ? Rien de plus normal que cela : nous savons tous instinctivement que l'orientation est un choix majeur, structurant, pour notre avenir. Et pourtant, l'orientation n'est pas seulement une question qui se pose au moment du bac. Au contraire, l'orientation se fait de plus en plus tout au long de la vie. Les périodes de transition se multiplient : on se réoriente d'une filière à l'autre, on se reconvertit d'une profession à l'autre... De ponts en passerelles, des apprentis linguistes se découvrent une passion pour la physique, des consultants avec dix ans d'expérience ouvrent une boulangerie.

Savoir s'orienter devient donc véritablement une compétence du 21ème siècle. Et comme toutes les compétences, celle-ci se travaille dans la durée.

le Parcours #Trouvetavoie, conçu avec l'Etudiant, l'ESSEC et la Région Ile-de-France, aide chaque lycéen à se poser les bonnes questions, à construire le projet qui lui correspond, et à préparer de manière très concrète son entrée dans les études supérieures.

Se connaître soi-même

On entend souvent dire que pour s'orienter, il faut d'abord se connaître soi-même. C'est vrai, mais il faut plus que cela. Quelle que soit notre personnalité, nous gagnons tous à développer les attitudes, comportements, et bonnes pratiques qui nous aideront à être mieux satisfaits de nos choix.

Se poser les bonnes questions, par exemple : suis-je sûr de m'être suffisamment renseigné lorsque j'affirme avoir trouvé ma "vocation" ? Connais-je bien tous mes débouchés, toutes mes passerelles ? Suis-je sûr que je fais ce choix pour mes propres raisons, et non pour faire plaisir à mes proches, ou pour me conformer à l'image que d'autres ont de moi ? Savoir où trouver les réponses, ensuite : si je veux m'imaginer la quantité de travail dans une filière, est-ce que j'interroge les personnes les mieux placées, à savoir ceux qui y sont actuellement ; ou est-ce que je me fie aux ouï-dires sur Internet ? Négocier les transitions, enfin, car le choix n'est qu'une première étape : comment vais-je apprendre à mieux apprendre, pour ne pas me retrouver perdu face à des notions que je n'ai jamais vues auparavant ?

Avec la Mallette de l'orientation de l'Etudiant, découvrez en vous amusant les secrets de chaque filière et les passerelles de réorientation

Connaître le champ des possibles

Au-delà de ces compétences transverses, quiconque souhaite s'orienter en connaissance de cause a besoin d'une vision précise, concrète, de ce qui l'attendra dans les filières envisagées.

Qu'est-ce que ça veut dire, fondamentalement, d'étudier en fac ? En prépa ? Idem pour les spécialités : qu'est-ce qu'on fait en psychologie ? en STAPS ? Ce n'est pas parce que j'aime rendre service et que je suis bon dans les matières scientifiques que je vais me plaire au quotidien dans mes études de médecine, par exemple. Plutôt que d'approcher les voies qui nous intéressent timidement, de loin, avec des raisonnements plus ou moins bien ficelés, nous gagnerions à nous y plonger pleinement, à en faire l'expérience, bref, à nous projeter "comme si" nous y étions déjà. C'est cette connaissance vivante qui nous permet ensuite de revenir à l'introspection : est-ce que ça m'a plu ? est-ce que peux m'y voir dans deux, trois, cinq ans ? On ressort de ce processus transformé, aussi bien dans son regard à soi que dans sa compréhension du monde des possibles.

Pour ceux qui se projettent en première année de médecine, en STAPS ou en licence de psycho, les parcours de découverte Dunod plongent les lycéens dans quelques morceaux choisis de cours de première année afin qu'ils puissent confirmer leurs choix de filière en toute connaissance de cause.

On voit donc bien en quoi une bonne orientation, plus qu'un simple accès à l'information, nécessite d'atteindre un véritable changement, de développer des connaissances incarnées, des compétences solides. Et pour ce changement comme pour tant d'autres, les sciences cognitives sont une alliée précieuse. En vous vous appuyant sur les piliers de l'apprentissage durable (des tests réguliers sur des cas diversifiés, suffisamment espacés dans le temps...), vous construirez des aptitudes robustes qui vous permettront de reprendre le pouvoir sur votre (ré)orientation, tout au long de la vie.

Apprentissages Efficacité pédagogique
Philip Moore Philip Moore est ingénieur pédagogique, spécialiste de la transformation digitale des parcours de formation. Ancien élève de Sciences Po Paris et de la London School of Economics, son expérience porte sur l'accompagnement au déploiement de pédagogie innovante ainsi que la conception de formations digitales.

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