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Face au digital, comprendre le fonctionnement du cerveau devient un enjeu central pour les entreprises

Par Son Thierry Ly

11/04/2018

Gaëtan de Lavilléon, docteur en neurosciences et fondateur de Cog'X, nous explique pourquoi et comment les connaissances en sciences cognitives doivent pousser les portes des organisations. Une bonne connaissance du cerveau et de ses mécanismes peut en effet être d'une grande aide pour réussir à concilier efficacité et bien-être au travail.

Présentez-nous en quelques mots l'activité de Cog'X

Cog'X est une agence de conseil spécialisée en sciences cognitives, créée en 2017. Accompagnés de chercheurs en sciences cognitives et d'experts en transformation digitale, nous avons fait le constat que le travail subit une révolution majeure : à l'ère du digital, les modes de travail sont bousculés et mettent parfois à rude épreuve le cerveau des collaborateurs. Nous avons donc créé Cog'X pour répondre à ce besoin et garantir un certain équilibre cognitif au travail. Nous accompagnons depuis les entreprises dans une réflexion autour des modes de travail, et dans la mise en place de pratiques respectueuses de cet équilibre cognitif. Concrètement, nous intervenons régulièrement par des actions de sensibilisation et de formation sur le fonctionnement du cerveau, et nous accompagnons les entreprises à la fois dans la mise en place de nouveaux modes de travail et dans la mesure de leur impact sur les collaborateurs et leur activité.

Que se cache-t-il derrière cette notion d'équilibre cognitif ?

Le cerveau est un organe extrêmement complexe, que nous sollicitons à chaque instant de notre vie. Or aujourd'hui, avec le digital, il nous est demandé en permanence de capter, traiter, et restituer des informations en très grand nombre. Nous vivons dans un monde d'informations, de data, ou notre attention est sollicitée en permanence, et il devient alors de plus en plus difficile de se concentrer (voir notre article sur l'attention). De plus, les injonctions à collaborer et à innover sont de plus en plus fortes. Pourtant, le cerveau a ses propres limites, et il arrive qu'il entre en état de surcharge cognitive, ce qui peut devenir néfaste pour l'efficacité et le bien être de l'individu (voir notre article sur la charge cognitive).

L'équilibre cognitif, c'est cet état qui survient lorsque nos ressources mentales sont parfaitement en adéquation avec la tâche que l'on exécute, et l'environnement dans lequel on l'exécute. Dans cet état d'équilibre, il est possible d'allier performance et bien-être, et tout le monde y gagne ! Mais malheureusement, cet état d'équilibre est fragile, et dépend de nombreux facteurs : espace de travail, outils digitaux, motivation, expertise, et même niveau de fatigue (voir notre article sur la fatigue mentale) s'entremêlent… Avec les connaissances issues de la recherche en sciences cognitives, nous pouvons aider les individus à prendre en compte tous ces facteurs et identifier ceux sur lesquels ils peuvent agir.

Vous dites passer par des actions de formation, mais n'est-il pas difficile de former en quelques jours sur des sujets aussi complexes que les neurosciences ?

Les neurosciences, et plus largement les sciences cognitives ont un vocabulaire bien à elles, comme toutes les sciences. Mais elles peuvent être mises à la portée de tous. L'avantage de cette discipline, est qu'elle nous concerne tous à un moment ou à un autre. La plupart des individus sont ravis de comprendre ce qu'il se passe lorsqu'ils sont concentrés ou distraits ; lorsqu'ils sont motivés ; ou lorsqu'ils sont tellement fatigués qu'ils font des erreurs sur des actions pourtant à leur portée.

Chez Cog'X, nous croyons profondément que la connaissance doit être partagée pour être un réel levier d'innovation. C'est pourquoi nous commençons toujours par former sur ces sujets, en nous mettant au niveau de ceux qui ne connaissent presque rien sur le cerveau.

De votre point de vue, comment s'est déroulée votre collaboration avec Didask ?

Nous avons rencontré Didask alors que Cog'X n'était encore qu'à l'état embryonnaire, mais déjà, l'idée d'une collaboration apparaissait comme une évidence. Nous avions dans notre vision deux piliers identiques : innover en nous reposant sur les connaissances issues de la recherche en sciences cognitives d'une part, mais aussi à construire une offre à partir d'une méthode expérimentale, basée sur la preuve et non sur les intuitions.

Ensemble, nous avons donc décidé de créer une offre de formation en ligne pour aider les collaborateurs à comprendre et réguler leur charge cognitive au travail. Nous pensons que ces connaissances doivent être partagées le plus largement possible pour permettre aux individus de pratiquer ce qu'on appelle la métacognition, le fait de penser sur ses propres pensées, et d'apprendre à écouter les signaux faibles de leur cerveau pour agir ensuite.

Comme vous l'avez mentionné, il s'agit de notions souvent complexes, mais tout à fait compréhensibles. Avec l'approche pédagogique innovante de Didask, nous avons pu trouver ensemble le bon niveau de communication, et surtout créer des mises en situation au plus proche du quotidien des collaborateurs pour que ça ne reste pas théorique. Avec l'aide de leur illustrateur, nous avons également eu la chance de pouvoir créer tout un univers, pour plonger les apprenants dans le fonctionnement de leur cerveau au travail. Je crois que c'est pour toutes ces raisons que cette formation est un succès et permet réellement de monter en compétences : un niveau de difficulté désirable (voir article sur les difficultés désirables), un univers bienveillant, et des mises en situation réalistes.

Testez gratuitement la formation de notre partenaire Cog'X sur la qualité de vie au travail    
Psychologie cognitive
Son Thierry Ly Son Thierry Ly est chercheur et entrepreneur. Il a conçu l’idée de la plateforme Didask et de sa méthode d’apprentissage à partir des travaux de la recherche en psychologie cognitive. Il enseigne et conduit des travaux de recherche sur les politiques éducatives à l’Ecole d’économie de Paris. Il a travaillé en tant qu’expert éducation pour France stratégie, un think tank public rattaché aux services du Premier Ministre, pour lequel il a rédigé le rapport « Quelle finalité pour quelle école ? ». Très engagé dans la lutte contre les inégalités scolaires, il a fondé et a dirigé pendant 8 ans les programmes de l’ENS Ulm en faveur de lycéens issus des milieux populaires, qui lui ont apporté une forte expérience en ingénierie pédagogique. Son Thierry Ly est ancien élève de l’ENS Ulm et titulaire d’un doctorat en économie de l’éducation de l’ENS Ulm.

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